Ce qui frappe avant tout à Venise, c’est évidemment la présence de l’eau. Mais il faut souligner que c’est une présence marine : l’eau qui emplit les canaux et qui envahit parfois la place Saint-Marc (comme nous avons pu le constater un soir) provient directement de la mer Adriatique. C’est ce qui donne à Venise son caractère si maritime : des embarcations partout, un air salin qui nous souffle au visage dès qu’on est sur le Grand Canal. C’est aussi ce qui ronge les bâtiments : imaginez que les fondations de votre maison baignent constamment dans l’eau saline… Par contre, la lumière de Venise si célébrée par les peintres et les photographes prend au cœur. Elle contribue au caractère de la ville autant que la mer. On dirait que les palazzi irradient. Marie-Ève n’en est toujours pas revenue.
Dès notre arrivée, nous avons été confrontés à cette présence si singulière de l’eau dans la ville. Prendre un taxi pour transporter nos grosses valises jusqu’à l’appartement ? Il ne faut pas y penser : la circulation automobile est impossible dans ces ruelles et sur tous ces petits ponts (quelque chose comme 117 îlots composent Venise, chaque îlot comptant quatre ponts aux quatre points cardinaux… vous pouvez faire le calcul). Même pour les déchets, la collecte se fait dans des petits chariots que les manutentionnaires vont transvider dans des barges sur le Grand Canal. Bref, pour aller à l’appartement (comme pour tout déplacement quand on ne veut pas marcher), il faut prendre le vaporetto, un genre de bateau mouche qui constitue le transport public.
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| Marie-Ève devant le Grand Canal |
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| Viviane devant le Grand Canal |
Autre chose qui frappe à Venise : son côté touristique. C’était vrai à Florence, mais encore plus dans cette ville archi-connue. Des prix élevés, des boutiques de masques partout, des foules compactes. Il faut payer pour entrer dans les églises ou même, comme dans la basilique Saint-Marc, pour avoir accès à certaines parties de l’église. Le seul avantage de ce côté touristique, c’est que tout le monde parle anglais ou français (ce qui était loin d’être le cas même à Florence) ; mais peut-être est-ce dû au caractère cosmopolite de la ville, qui remonte à plusieurs siècles.
Parlant de touristes… en cinq jours, il est difficile d’échapper à ce rôle peu glorieux. Nous avons donc fait nos touristes… Visite de la place Saint-Marc (aussi grande et pleine de pigeons qu’on peut s’y attendre), de la basilique (pleine de mosaïques byzantines), du Palais des Doges (avec ses prisons et ses tableaux… dont la plus grande peinture à l’huile du monde, faite par le Tintoret), achat de masques, tour en gondole dans les canaux, excursion sur l’île de Murano (où l’on produit toutes sortes d’objets de verre, des plus artistiques aux plus kitsch).
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| Orian (vaguement inquiétant) nous invite à le suivre sur le pont du Rialto |
Ce que nous avons surtout apprécié, ce sont les façades de palais sur le Grand Canal : la plupart (comme nous l’a expliqué notre gondolier) sont de style gothique fleuri (avec des arcs en pointe d’ogive de type arabe) ou de style baroque (avec des visages décoratifs géants sur la façade). Le vue est particulièrement enchanteresse quand on circule en vaporetto le soir.
Nous avons aussi beaucoup aimé les deux musées d’art moderne et contemporain que nous avons visités (collection Peggy Guggenheim dans le Palazzo Venier dei Leoni et collection François Pinault à la Punta della Dogana tout récemment rénovée) : après l’art renaissant de Florence, cela faisait du bien de voir des œuvres abstraites, surréalistes ou… inclassables (les œuvres de la Punta della Dogana datent des vingt dernière années et on y trouve des choses étonnantes, comme un cheval empaillé sans tête suspendu au mur, œuvre de Maurizio Cattelan).
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| Toute la famille en réflexion dans un coeur géant (oeuvre de Jeff Koons, Punta della Dogana) |
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| Sculpture de Charles Ray devant la Punta della Dogana |
Notre voyage en Italie étant maintenant terminé, ce blog (qui y est consacré) se termine également sur cette dernière entrée. Nous continuons notre voyage en France (une semaine à Nice, une autre à Paris), puis nous rentrons au Québec. Comme le suggérait un ami, ce sera peut-être pour nous l’occasion d’écrire un nouveau roman : Moins loin.
À surveiller cependant : au cours de l’été seront affichés sur le site de Jacques Languirand www.repere.tv trois documentaires que nous avons réalisés à Florence, en fait, trois entrevues : l’une avec Pasquale Naccarato, un artiste peintre qui se spécialise dans la reproduction de toiles de grands maîtres ; une autre avec Mario Lerda, le patron de la glacerie Grom de Florence (qui explique entre autres comment distinguer une bonne glace d’une mauvaise) ; et la dernière avec Lorenzo Villoresi, l’un des meilleurs parfumeurs au monde.




