vendredi 29 avril 2011

La crème glacée

Pour notre dernière entrée sur Florence, il fallait absolument parler des gelati. Un sujet inévitable : on trouve une gelateria à chaque coin de rue ici, et souvent la crème glacée est présentée dans des arrangements très esthétiques. Comme nous avons mangé des glaces italiennes pratiquement à chaque jour pendant deux mois et demi, nous avons fini par développer une certaine expertise. Voici donc nos remarques et recommandations.
Première chose quand vous choisissez de prendre une crème glacée, il faut décider si vous la consommerez dans une coupe ou dans un cornet, une coppa ou un cono… Attention à ce faux ami (pour les francophones) : si vous demandez votre glace dans un cornetto, on risque de vous la servir… dans un croissant !
Le choix entre la coupe et le cornet porte à conséquence, car chacun a ses avantages et ses inconvénients. Le cornet, grâce à son axe vertical et à l’étagement des saveurs de glaces qu’il induit, vous permet de déguster chaque saveur séparément, tandis que, dans la coupe, elles finissent toujours un peu par se mélanger (malgré vos précautions infinies). Par contre, la loi inexorable de la fonte des glaces rend malaisée la consommation du cornet, car les parfums du dessus font des « coulisses » le long des parfums inférieurs, et vous devez en plus donner de temps en temps des coups de langue à la jonction glace/cornet pour éviter que ce dernier ne se détrempe. Dans une coupe, tout a beau fondre, vous ne serez pas salis. Disons, pour résumer, que le mode cornet demande plus de maîtrise mais s’avère plus plaisant, tandis que le mode coupe est plus « pépère ». C’est comme conduire en manuel ou en automatique.
Par ailleurs, le cornet offre la particularité non négligeable de pouvoir être consommé à la fin. Bon, il faut avoir encore faim et s’être assuré que ce n’était pas un cornet cheap en espèce de carton mou, mais il y a plusieurs atouts. Un, c’est plus écologique, vous contribuez à désengorger les poubelles qui, déjà à ce temps-ci de l’année, débordent souvent de petites coupes dès les 16h00. Deux, le croquant du cornet offre un changement bienvenu après l’onctueux des glaces. Trois, quand vous avez avalé 70-75% de votre stock de glace de départ, vous pouvez vous amuser à enfoncer ce qui reste vers le fond du cornet avec le bout de votre langue. Le gain majeur est que, quand vous croquez dans votre cornet, il y a un peu de crème glacée qui accompagne votre bouchée, ce qui est moins sec et moins plate (on a moins l’impression de manger de l’air). Vous poussez la glace avec la langue, vous grignotez un étage de cornet. Vous poussez la glace encore un peu, vous grignotez l’étage inférieur… et ainsi de suite jusqu’à ce que la pointe du cornet remplie de l’infime reste de précieuse crème glacée soit votre récompense finale. Un délice minuscule, mais combien satisfaisant !
Mais ne vous excitez pas trop. Jusqu’à maintenant, vous n’avez encore rien mangé, vous n’avez fait que décider entre la coupe et le cornet. Bon, il est temps de passer à la deuxième étape : choisir votre saveur. La variété de choix proposée par les différents établissements est l’un des plus grands plaisirs de la chasse à la glace : sur quelles saveurs étranges va-t-on tomber dans tel ou tel commerce ? C’est entre autres à cela qu’on reconnaît une bonne gelateria : elle offre des saveurs qu’on ne trouve nulle part ailleurs. En gros, les différents parfums proposés se classent dans les catégories suivantes (à noter, nous avons presque tout goûté, au moins une fois) :
* catégorie fruits : il y en a un paquet, de la fraise au melon en passant par la banane, la framboise, les fruits des champs, l’ananas, la cerise noire, l’orange, la pêche, la mangue, la pomme verte, le citron, le kiwi, la poire, la mandarine, etc.
* catégorie chocolat : elle se décline tout de même en plusieurs sortes. Il y a chocolat normal, chocolat noir, cacao, chocolat fondant, chocolat à l’orange, gianduja (mélange chocolat-noisettes, comme dans le Nutella), stracciatella (vanille avec des pépites)… On a même trouvé la saveur « diablo », c’est-à-dire chocolat au piment.
* catégorie noix : pistache et noisette, mais aussi noix de coco, amande et même pignons de pin ou la saveur « snick snack » aux arachides (qui n’existe à notre connaissance que dans une seule gelateria).
* catégorie boissons : la reine en est le café (plus ou moins fort… des fois, la glace est aussi âcre qu’un espresso), mais nous avons aussi trouvé quelques raretés comme amaretto, Grand Marnier, thé Earl Grey ou mojito.
* catégorie « plantes aromatiques » : catégorie un peu bâtarde qui regroupe différents végétaux comme la menthe, la rose ou le gingembre.
* catégorie « blanc » : elle regroupe toutes les sortes de crèmes glacées de couleur blanche, au goût peu prononcé, mais dans lesquelles certains amateurs déclarent que l’on peut vraiment discerner la qualité (ou non) d’une glace. Cette catégorie comprend les saveurs vanille, yogourt, crème, fiordilatte (« fleur de lait »… juste du lait frais et du sucre), buontalenti (ressemble parfois à la vanille, parfois au citron), nougat, miel, et peut-être quelques autres que nous oublions.
* catégorie desserts : la plus surprenante, mais l’une des plus prolifiques. Plusieurs parfums reprennent les goûts de certains desserts, comme pour créer un dessert au carré. C’est la catégorie que les gourmands préfèrent, et l’inspiration des glaciers s’en est donnée à cœur joie : crème caramel, pudding au riz, gaufre, baba au rhum, tarte au citron, profiteroles, mousse au chocolat, « cheesecake », « cookies », etc. Une place d’honneur est réservée aux desserts typiquement italiens comme la zuppa inglese, la panna cotta, la crostata, le cannolo, la schiaciatta, le tiramisù ou la torta della nonna.
Alors… Ce qui complique les choses, c’est que vous ne devez pas choisir uniquement une saveur parmi celles qui sont mentionnées, mais généralement deux ou trois (selon votre appétit). La difficulté réside non seulement dans le fait de sélectionner les parfums, mais aussi dans le fait de savoir les combiner. C’est là qu’on voit si une personne a du goût. Car on ne mélange pas tout avec n’importe quoi. Ananas et noisette ? Bouof… Tiramisù, menthe et pistache ? On repassera… Quelques conseils dans ce domaine : faire des mix thématiques (les tropiques, par exemple : mangue, gingembre et noix de coco, ou le petit déjeuner : orange, gaufre et café) ; vous en tenir à une seule catégorie (deux fruits, deux noix, trois « blancs », etc.) ; utiliser le procédé métonymique (prendre une saveur qui est déjà incluse dans la saveur précédente, ex. tarte au citron et citron, gianduja et noisettes, nougat et miel) ; combiner chocolat avec n’importe quoi (même chocolat et pomme verte… on dirait une fondue au chocolat).
Une autre option consiste à coupler une saveur très forte à une autre plus discrète (par exemple, baba au rhum et vanille) ; mais dans ce cas, si vous prenez un cornet, assurez-vous de demander la saveur forte d’abord, de manière à ce qu’elle se trouve à la base de l’empilement et ne soit consommée qu’après la saveur douce (dans le cas contraire, vous ne goûterez plus rien rendus à la deuxième saveur). Il faut noter que, quand vous essayez une saveur pour la première fois, le choix de la coupe est recommandé : comme vous n’avez pas à vous souciez de la fonte de vos glaces, vous pouvez vous concentrer entièrement sur la dégustation.
Voici, en terminant, notre palmarès des trois meilleurs glaciers de Florence, pour ceux qui prévoient venir faire un tour un jour ou l’autre. Fait à noter : chez les bons glaciers, les saveurs changent au fil des mois (entre autres en fonction des fruits de saison), alors vous ne trouverez peut-être pas toutes les saveurs nommées ici quand vous irez.
1. Grom (via del Campanile, au coin de la via delle Oche… là où il y a une file) : même si c’est une chaîne (basée à Turin), Grom a des standards de qualité extrêmement élevés. Ils cultivent leurs propres fruits et, pour les produits plus exotiques, ils ont des fournisseurs biologiques et équitables. Ils n’utilisent aucun additif, émulsionnant ou colorant. Ils tiennent les saveurs de base, mais aussi quelques-unes plus différentes comme caramel salé au sel rose de l’Himalaya, café biologique d’Amérique du Sud, pamplemousse rose ou marrons glacés. Au mois de mars, pour les 150 ans de l’unité italienne, ils ont créé la saveur « vert-blanc-rouge » : pistache, ricotta et cerise. Il est presque inévitable que vous fassiez la file une vingtaine de minutes, mais quelle satisfaction quand vous sortirez triomphalement de la boutique en brandissant votre trophée aux nez des pauvres diables encore en train d’attendre !
2. Carapina (via Lambertesca, 18/r) : peu connue, peu touristique (même si elle est située à deux pas du Ponte Vecchio), cette gelateria est étonnante. Les parfums qu’elle offre sont audacieux, et le goût de chacun est subtil et déroutant. Presque une gelateria expérimentale, si une telle chose existe. On y trouve les parfums de châtaigne (un goût de marron pas tout à fait mûr, encore un peu vert… quand David en a commandé, la patronne lui a suggéré d’en goûter une petite cuillérée avant, tellement c’est étrange comme goût), de liquirizia (en fait réglisse noire, mais ça évoque aussi la mélasse et, attention, la saveur reste longtemps en bouche au dire de Marie-Ève), de melighe di Mondovì (Mondovì étant une ville du Piémont qui produit ce biscuit typique à base de farine de froment et de maïs), de pasticceria (un dessert sicilien dont le goût ressemble étrangement à celui d’un dessert vietnamien), ou bien des parfums de grandi formaggi italiani comme le pecorino ou le parmesan.
3. Cantina del Gelato (via de’ Bardi, 31) : un peu « ex-centrée », comme disent les Français, c’est-à-dire située sur la Rive Gauche, dans le quartier de l’Oltrarno (mais quand même pas très loin du Ponte Vecchio), cette gelateria propose des saveurs originales et délicieuses comme fromage de chèvre et pignons de pin, ou cantuccini et vin santo (un dessert traditionnel toscan : petits biscotti à l’amande et vin sucré).
Ça sera dur pour nous de retourner prendre nos crèmes glacées chez Lamoureux à Saint-Hyacinthe… Au moins, ce n’est pas Dairy Queen.

mercredi 27 avril 2011

Lucca

Cette ville a été élue, par la BBC et l’éditeur Lonely Planet, l’endroit le plus intéressant à visiter au monde pendant le printemps 2011 (parce que maintenant les tendances voyage sont saisonnières, et oubliez Paris, c’est tellement cliché !). Il faut admettre que Lucca est une ville ravissante, même si elle n’est pas aussi riche que Florence en monuments historiques… La cité est entourée de fortifications et, au 19e siècle, les citoyens ont eu l’idée d’en transformer le sommet en jardins. Donc, il y a une muraille verte – de l’écologie bien avant l’heure – qui enserre la partie médiévale de Lucca. Comme notre demeure des dernières semaines est Florence, dont l’un des défauts est la quasi-absence de parcs et d’espaces verts, nous avons été conquis. Il y a bien un danger : aucune barrière n’est érigée, et les fortifications sont hautes de plusieurs mètres. Il est étonnant que personne ne soit tombé ; c’est d’ailleurs ce qui est arrivé au Fort du Belvédère à Florence, quelqu’un est tombé et s’est tué. Depuis, il est fermé et on ne peut le visiter, au grand désarroi de notre fils qui désirait tant y aller.
Viviane s'amuse dans un parc au pied des fortifications

À ce temps-ci de l’année, Lucca n’est pas encore trop touristique. Le jour où nous y sommes allés, il y avait une sorte de foire de brocante. Partout, sur les nombreuses places, on pouvait voir d’anciens tableaux, des candélabres, des meubles, de l’argenterie, bref toutes sortes d’antiquités. Nous étions loin du marché aux puces de Sainte-Foy ; en effet, ce ne sont pas des quétaineries que l’on a vues. Au contraire, il y avait beaucoup de très beaux objets de qualité. Bien sûr, nous aurions aimé en acheter, mais un fauteuil de velours brodé et une table en acajou entrent difficilement dans un bagage à main. C’est dans ces moments que la différence entre le Québec et l’Europe est le plus frappante pour Marie-Ève : même les objets usuels sont raffinés. Que les Médicis aient des fresques peintes dans leurs demeures, soit. C’étaient des princes, après tout. Mais que l’on soit condamnés chez nous à la mélamine blanche tandis qu’un quidam ici peut s’acheter une table de chevet avec des incrustations de nacre, grrr !
Jouet ancien en vente à la brocante (avec un livre en français !)
Les périodes historiques se mélangent harmonieusement à Lucca. Par exemple, on trouve une piazza construite sur le site de l’ancien amphithéâtre romain. Eh bien, la place est complètement circulaire, car on a récupéré les pierres et les briques de l’édifice antique pour bâtir les maisons. On trouve aussi à Lucca des maisons-tours du Moyen Âge, comme la maison Guinigi, que l'on peut visiter si on a le courage de monter l’escalier. Rendu au sommet de la tour, on s’aperçoit que des arbres y ont été plantés. Même les tendances contemporaines se fondent dans cet ensemble harmonieux : sous une arche antique, on a installé un magasin à l’éclairage rose fluo où l’on vend des accessoires pour chien. Ce qui rend cette ville si intéressante est l’équilibre de l’ensemble, le nouveau contrebalance l’ancien.
Orian en haut de la tour de la maison Guinigi
Les plus belles églises de Lucca (San Michele in Foro et la cathédrale dédiée à saint Martin) appartiennent à l’architecture romane, dans le même style que la cathédrale de Pise. C’est-à-dire que les façades sont parées de galeries d’arcades, ce qui est très original. De plus, on y trouve des motifs géométriques en marbre coloré et des chapiteaux sculptés, tous différents les uns des autres. Les églises romanes regorgent de détails qu’il faut prendre le temps d’observer.

Façade de l'église San Michele in Foro

Détail de la façade de la cathédrale San Martino

Finalement, le petit musée municipal est tout à fait intéressant. C’est un palazzo qui a appartenu à des proches des Médicis de nous ne savons plus quelle époque, c’est à devenir fou à cause de cette famille, ils sont omniprésents. Il y a deux portraits d’enfants Médicis, justement, admirablement réussis, par Bronzino. Ce ne sont pas des adultes miniatures comme on peut souvent en voir dans les tableaux d’époque, mais de véritables enfants comme on se les représente aujourd’hui. Plus tard, ce palazzo a appartenu à la sœur de Napoléon. On peut donc y admirer une décoration de type Empire et même une pièce de style égyptien (devenu à la mode après les conquêtes du petit caporal au Moyen-Orient). Encore une fois, les deux périodes coexistent harmonieusement : les salles influencées par les Médicis ont gardé leur caractère et semblent avoir été soigneusement préservées par les précédents occupants alors que la décoration Empire, avec ses références mythologiques appuyées, s’intègre parfaitement au reste.
Nous avons soupé dans un restaurant familial, où la patronne nous a donné une autre preuve que les enfants sont bien accueillis ici. Une fois son repas fini, Viviane était allée jouer dehors. Nous regardant à travers la vitre, elle a fait un rond de buée dessus et elle s’apprêtait à y dessiner quelque chose. Nous lui avons tout de suite crié : « Non ! Non ! ». Mais la patronne a crié : « Oui ! Oui ! » Et elle a rajouté : « Ce n’est pas grave, nous nettoyons la vitre demain, alors… »
Clair de lune à Lucca

lundi 25 avril 2011

Nos églises préférées

Nous avons déjà parlé des églises à Florence, mais nous voulions chacun nommer notre église préférée.

Viviane
L’église Santo Spirito (pour toutes les belles œuvres d’art et surtout le crucifix sculpté par Michel-Ange).
Le crucifix de Michel-Ange à Santo Spirito

Orian
La cathédrale Santa Maria del Fiore (pour la grandeur de l’intérieur, mais aussi pour la coupole et le campanile que l’on peut escalader).

Mention spéciale à St-Pierre de Rome (« C’était vraiment grand, on voyait qu’ils avaient l’esprit saint là-bas ! »).
La façade de Santa Maria del Fiore

Marie-Ève
L’église Santa Felicità (pour la Déposition du Pontormo dans la petite chapelle à l’entrée).

Mention spéciale à la cathédrale de Sienne (pour la façade et le pavement orné).

La Déposition du Pontormo

David
La basilique Santissima Annuziata (pour la beauté de la piazza où elle se trouve, pour l’originalité de la disposition intérieure et pour les fresques maniéristes qu’on y trouve).

L'intérieur de la basilique Santissima Annunziata

Les musées de Florence

Durant notre séjour, nous avons évidemment visité quantité de musées dans cette ville archi-culturelle. Ils sont intéressants non seulement pour leur contenu, mais également presque toujours pour les lieux historiques où ils sont situés. Voici en désordre la liste et la description de ceux que nous avons vus ainsi que le « top trois » de chaque membre de la famille. Mais comme les photos sont interdites dans tous ces endroits, nous n’avons pas grand-chose à vous montrer…

Galerie des Offices
L’un des plus importants musées au monde. La « galerie » consiste en fait en deux longs couloirs décorés de statues antiques et aux plafonds ornementés, s’étirant en direction de l’Arno. Ces couloirs donnent sur des salles qui étaient au départ les bureaux pour l’administration du duché de Toscane sous Cosme 1er (16e siècle), et qui contiennent maintenant les chefs-d’œuvre collectionnés par les Médicis. Des Botticelli, des Léonard, des Filippo Lippi, des Véronèse, des Dürer, des Titien… name it !

Galerie Palatine (Palazzo Pitti)
Demeure des Médicis à partir de Cosme 1er, ce musée permet de voir à la fois les salles luxueuses où ils vivaient et les œuvres qu’ils collectionnaient. Presque uniquement des peintures, et lesquelles ! On y trouve notamment de nombreux Raphaël et Titien.

Galerie de l’Académie
Musée éclectique qui présente autant des peintures que des sculptures, et même des instruments de musique (dont deux Stradivarius ayant appartenu au quintette fondé par Cosme III de Médicis). Mais ce musée est surtout connu pour abriter le fameux David de Michel-Ange, qui domine la foule du haut de ses cinq mètres.

Musée San Marco
Ancien couvent, ce musée abrite de nombreuses œuvres de Fra Angelico, qui était à la fois moine et peintre. Ses œuvres sont connues pour la délicatesse de leurs lignes et de leurs couleurs ainsi que pour le sentiment de grâce mystique qui s’en dégage. Fait intéressant, plusieurs fresques étaient peintes dans les cellules des moines, où elles sont toujours, ce qui fait que, pour les voir, il faut circuler le long d’un couloir et entrer dans chacune des petites pièces.

Musée du Bargello
Cet édifice remonte au Moyen Âge, ce qui explique son allure de forteresse. D’abord lieu de réunion des élus du peuple, il a servi de commissariat et de prison à partir du 16e siècle. On y trouve des sculptures de grands artistes (Michel-Ange, Donatello, Cellini), mais également des ivoires, des majoliques, des armes et tapis islamiques, des émaux, etc.

Musée d’histoire de la science
Une foule d’objets anciens illustrent le développement, du 16e au 19e siècles, de différentes sciences comme l’astronomie, l’optique, l’hydraulique, la chimie, l’électromagnétisme, l’horlogerie, etc. Une place d’honneur est réservée à Galilée, qui a passé plusieurs années de sa vie et mené plusieurs travaux à Florence, sous la protection de Cosme II de Médicis.

Musée de La Specola
Autre musée de la science, il est consacré à l’humain, aux animaux et aux minéraux. Il contient notamment de magnifiques cristaux, des animaux empaillés et des modèles en cire reproduisant (avec un réalisme inquiétant) différentes parties du corps.

Musée de l’œuvre de la Cathédrale
Ce musée contient toutes les peintures et sculptures ayant orné la cathédrale durant ses siècles d’existence. On y trouve notamment une statue de Marie-Madeleine (qui a l’air d’une sorcière) par Donatello et une Pietà de Michel-Ange, faite peu de temps avant sa mort.

Maison de Dante
Situé dans le district où vivait la famille Alighieri (nom de famille de Dante) au Moyen Âge, ce musée retrace, de façon générale, la vie à Florence autour de l’an 1300 et, en particulier, la vie de l’auteur de La Divine Comédie.

Musée Stibbert
Federico Stibbert était un homme d’affaires anglo-italien du 19e siècle, extrêmement riche, qui s’est fait construire une immense demeure luxueuse (plus de 50 salles !) pour exhiber sa collection de… n’importe quoi : des armements, des sculptures, des peintures, des meubles, des faïences, des bijoux, des tapisseries, des broderies, des vêtements, des souvenirs de Napoléon… Les salles les plus impressionnantes sont peuplées de mannequins de soldats à pied ou à cheval portant des armes et armures médiévales allemandes, italiennes, espagnoles, mais également turques, arabes, indiennes, persanes, japonaises, etc. À noter, ce musée est entouré d’un parc, une denrée rare à Florence.

Musée de la maison florentine ancienne (Palazzo Davanzati)
Ce palazzo du 15e siècle permet de voir à quoi ressemblait le cadre de vie quotidien d’une famille aisée de la Renaissance à Florence. Détails intéressants : certaines salles sont décorées de tapisseries peintes en trompe-l’œil, et les quatre ou cinq étages de la maison étaient approvisionnés en eau par un système de poulies et de seaux.

Palazzo Medici
Première demeure des Médicis, ce palais a révolutionné l’architecture des maisons florentines : on passait des tours médiévales aux résidences plus classiques et raffinées. La chapelle des Mages vaut le détour pour sa superbe fresque.

Palazzo Vecchio
Lieu du pouvoir à Florence depuis le Moyen Âge, ce palais a été grandement décoré au 16e siècle sous Cosme 1er. On y trouve de nombreuses salles ornées de fresques. Au moment de notre séjour y était exposée une œuvre de l’artiste contemporain Damien Hirst : la réplique d’un crâne humain recouvert de véritables diamants.

Bibliothèque Laurentienne
Cette bibliothèque dont l’architecture a été conçue par Michel-Ange et qui a constitué l’une des premières bibliothèques publiques (sinon la première) abrite des trésors recueillis dès l’époque de Cosme l’Ancien (tout début du 15e siècle), par exemple les plus vieux manuscrits nous donnant accès aux œuvres d’Homère, Sophocle, Virgile ou Horace (entre autres un exemplaire annoté par Pétrarque).

Musée archéologique
Un grand musée qui rassemble de beaux vases grecs, plusieurs objets égyptiens (dont des momies) et surtout des artefacts étrusques, une civilisation qui a précédé les Romains et qui était florissante sur le territoire correspondant à la Toscane actuelle (dont le nom vient d’ailleurs du mot latin « tusci » désignant les Étrusques).

Le choix de Viviane
1. Musée de La Specola (pour les cristaux et les animaux)
2. Musée archéologique (pour les momies et les tombeaux)
3. Palazzo Pitti (« Parce que j’aime beaucoup les peintures de nature morte, c’est très beau. »)

Le choix d’Orian
1. Galerie des Offices (« À cause de toutes les œuvres d’art, on pourrait en devenir fou, et ça montre la puissance de la famille Médicis. »)
2. Musée Stibbert (pour les armes et le jardin)
3. ex aequo le musée du Bargello (pour les sculptures, les ivoires et les bijoux) et le Palazzo Vecchio (« Parce que j’aime beaucoup les palais, c’est un signe de royauté. Et aussi à cause du crâne de Damien Hirst. Et en plus pour la piazza et la loggia qui sont devant. »)

Le choix de Marie-Ève
1. Galerie des Offices (pour les Lippi, les Bronzino et la Madone à l’enfant de Botticelli)
2. Palazzo Pitti (pour les tableaux du Titien et les portraits de la famille Médicis)
3. Palazzo Medici (pour la chapelle des Mages)

Le choix de David
1. Galerie des Offices (pour la beauté des œuvres rassemblées et des lieux – les longs couloirs vitrés et les plafonds décorés de « grotesques »)
2. Musée du Bargello (pour la variété des objets exposés, la salle des Donatello, la salle des sculptures du 16e siècle et la cour intérieure majestueuse)
3. Musée San Marco (pour le plaisir de se promener dans les cellules et de découvrir certaines fresques surprenantes, comme celle-ci)



mardi 19 avril 2011

Sienne

Même si elles ont été longtemps rivales, Florence et Sienne sont des villes sœurs. Si l’on n’y prend pas garde, on pourrait les confondre. Florence a son Palazzo Vecchio et Sienne, son Palazzo Pubblico ; les deux étaient, au Moyen Âge, le siège du gouvernement et les deux se ressemblent pas mal. Nous avons grimpé les quelque 500 marches de la tour du Palazzo de Sienne pour admirer la ville d’en haut. Après le campanile et la coupole de la cathédrale de Florence, en plus de la tour de Pise, on pourra dire qu’on en aura monté des marches ! Mais Orian et Viviane adorent cela. Ah oui ! il y a aussi la montée vers la Piazza Michelangelo à Florence, qui est assez intense, et les rues de San Gimignano et de Fiseole. Bref, on passe notre temps à monter quelque part. Ça tient en forme.  La vue aérienne de Sienne est magnifique, avec sa Piazza del Campo, une grande place en éventail (même que certains bâtiments ont une forme arrondie et des tours en parallélogramme, l’effet en est saisissant) et sa Fonte Gaia, une belle fontaine toute blanche dont l’eau est claire et potable. Une fois redescendu, on peut s’approcher de cette fontaine et s’amuser à regarder les pigeons qui boivent à la bouche des statues. On dirait qu’ils les embrassent.
Vue de Sienne et du Chianti depuis la tour du Palazzo Pubblico

Vue de la Piazza del Campo

Pigeon buvant à la fontaine
Si nous nous sommes documentés sur les artistes de Florence, nous connaissons moins ceux qui travaillaient à Sienne, si bien que nous nous sommes trouvés quelque peu démunis devant les fresques du Palazzo Pubblico. La décoration, à l’intérieur, est plutôt dépouillée. Les deux œuvres les plus intéressantes sont une immense Vierge en majesté de Simone Martini, très élégante avec ses lignes fluides, et « Les effets du bon et du mauvais gouvernement » des frères Lorenzetti, qui dépeint de manière vivante et pittoresque une ville médiévale, avec ses boutiques, ses artisans, ses cavaliers, ses jeunes gens qui dansent, etc.


Maestà (Martini)


Les effets du bon gouvernement (Lorenzetti)

Les enfants se sont un peu ennuyés au Palazzo Pubblico, mais ils s’accordaient pour dire que la cathédrale du zèbre en valait la peine.  Nous l’avons baptisée ainsi parce que l’extérieur est fait d’une alternance de bandes blanches et noires. La façade de la cathédrale est plus douce que celle de Florence et plus colorée que celle de Pise. On pourrait l’admirer durant des heures. L’intérieur est tout aussi captivant. Le plafond, les murs, et même le plancher nous parlent. En effet, le pavement entier est composé d’images faites en incrustations de marbre qui sont à couper le souffle!

Façade de la cathédrale


Pavement de la cathédrale



Pour finir la journée en beauté, nous avons décidé de souper sur la Piazza del Campo. Nous avons pris des produits locaux : sandwichs au rôti de porc, salami, olives, tomates séchées, aubergine grillée et Coca-Cola (l’inévitable boisson de Viviane…). Les parents ont eu l’heureuse idée de prendre du Chianti Classico, dans sa fameuse bouteille au panier d’osier.
Souper sur la Piazza del Campo

Viviane nourrissant les pigeons avec les restes de son sandwich

samedi 16 avril 2011

Les couleurs de Florence

Pour faire changement, pas de texte cette fois-ci.

Juste quelques photos colorées prises au cours de notre séjour à Florence.
Portail avec deux silhouettes

Fleurs à l'appartement


Vasques au Palazzo Medici

Bassin rempli de poissons au Giardino Boboli

Étal de fruits séchés au Mercato Centrale

Terre cuite de Luca della Robbia à l'hôpital des Innocents
Motif décoratif de style "grotesque"
au Palazzo Vecchio

Pommier en fleur

Les palais des Médicis

Avertissement : cette entrée de blogue contient des lourdeurs qui pourraient ne pas convenir à tous les publics… En italique, vous trouverez les passages se rapportant à l’histoire de la famille Médicis. Nous voulions vous transmettre l’aspect monumental de l’héritage des descendants de Giovanni di Bicci. Si cela vous assomme, sautez par-dessus. Nous aurons passé une partie de notre voyage à étudier l’histoire, la peinture et un peu d’architecture, avec l’impression d’en savoir si peu et le besoin d’en apprendre davantage.
Quand on visite Florence, on rencontre souvent les mêmes armoiries : une boule bleue et cinq boules rouges disposées en cercle sur un blason. C’est l’emblème de la plus importante famille florentine. On le trouve sur des frontons d’églises, sur des tombeaux, sur le pavement des « piazza », sur des sculptures, dans des tableaux, sur des fresques et sur certaines façades de ces palais urbains (ou hôtels particuliers, comme on dit en France) que l’on appelle ici  « palazzo » ; on peut en compter trois plus significatifs pour la ville et pour la famille : les Palazzo Medici, Vecchio et Pitti.
Les Médicis ont fait fortune dans la banque, c’étaient des bourgeois. Catherine de Médicis, nièce d’un pape et arrière-petite-fille de Laurent le Magnifique, passe pour une parvenue quand elle arrive en France pour épouser Henri II, lequel n’est, après tout, que le futur roi de France ! C’est dire à quel point la noblesse est encore importante pour les Européens du XVIe siècle, même si dans les faits, déjà, les classes considérées inférieures prennent de l’importance, en autant qu’elles aient de l’argent, bien sûr. Justement, de la fortune, les Médicis en ont grâce à leur ancêtre Giovanni di Bicci et à son fils Cosme l’Ancien, le premier à porter le nom de « Medici ». Ce dernier a besoin d’une maison qui fasse honneur à son opulence et aussi à son rôle politique (Florence est une république à l’époque, mais Cosme l’Ancien tire déjà toutes les ficelles).
Cosme l’Ancien se fait bâtir un palais luxueux (mais pas exagérément) par l’architecte Michelozzo sur la via Larga, qu’on nomme aujourd’hui via Cavour. C’est le Palazzo Medici, aussi appelé Palazzo Riccardi, du nom de la famille qui l’a racheté plus tard. Auparavant, on construisait des maisons-tours pour se protéger (comme on en voit encore à San Gimignano, par exemple). Cosme l’Ancien va lancer une nouvelle mode, et tous les palais des 15e et 16e siècles ressembleront à ce modèle : une maison plus large que haute, avec de grandes fenêtres à partir du deuxième étage et de petites au premier (moins dangereux en cas d’attaque) ainsi que des toits élégants en saillie au lieu de créneaux moyenâgeux. Certains des meilleurs artistes travaillent à la décoration du Palazzo Medici, pour le bénéfice de Cosme et de ses descendants. L’intérieur, on peut s’y attendre, est magnifique, entre autres une petite chapelle avec des fresques, que l’on appelle la chapelle des Mages. L’artiste est Bennozzo Gozzoli, il a reproduit les membres de la famille, dont le jeune Laurent. Dans ces fresques, le dessin est d’une grande délicatesse, les scènes sont très vivantes et animées, les couleurs sont chatoyantes. Ces peintures murales sont parmi les plus belles que nous ayons vues à Florence.

Fresque de la chapelle des Mages (une partie seulement) au Palazzo Medici

Nous ne vous ferons pas un cours d’art en vous expliquant l’évolution des fresques, à partir de la perspective intuitive jusqu’à la perspective « scientifique », ni en vous faisant remarquer, dans les fresques de la chapelle des Mages, les références orientales dans les chapeaux de certains personnages, ni en vous disant que les dorures sur les manteaux sont un trait d’imagination nouveau… Chaque peinture est un univers à explorer, avec sa dimension symbolique, et historique, et picturale, etc.  Il y a même des procédés chimiques en jeu, selon que l’on peint sur la chaux ou non. Pour des gens qui veulent se cultiver, Florence est extraordinaire. Bon, c’est certain que l’on peut aussi traverser la ville une glace à la main en regardant les boutiques. En passant, nous vous conseillons de ne pas prendre la saveur « Buontalenti » : le nom est original (c’est celui d’un peintre et architecte qui a par ailleurs inventé un procédé de réfrigération pour faire la « gelato »), mais la saveur est plate, c’est juste une glace à la vanille.
Mais revenons à nos Médicis. Quand ils se sentent à l’étroit dans leur demeure, après quelques générations, ils s’installent au Palazzo della Signoria, qui sert théoriquement aux réunions du gouvernement républicain… Pour compliquer les choses, le deuxième Cosme de la famille, celui qui emménage au Palazzo della Signoria, sera Cosme 1er. Quelques générations ont passé, peuplées de querelles de succession, de trahisons, de conjurations. Les Médicis règnent depuis quelque temps, mais n’ont pas de titre officiel. Après une crise, un petit jeune homme de dix-huit ans, nommé Cosme, offre aux têtes dirigeantes de la ville de régler leurs problèmes en prenant le titre de duc, que le pape se prépare à lui donner de toute façon ; il remettra les rênes du pouvoir dès que l’ordre sera réinstauré. Évidemment, une fois en possession du pouvoir, il le garde. Voilà comment le deuxième Cosme de Médicis devient Cosme 1er. Et il s’installe à demeure au Palazzo della Signoria. Pour montrer son pouvoir, notre ami Cosme fait faire de lui un portrait où il figure comme un dieu (au plafond de la plus grande salle du palais), une sculpture où il est représenté comme Poséidon et une statue équestre en bronze (toutes deux sur la place devant le palais). Il épouse une femme magnifique qui se nomme Éléonore. Il faut voir comment elle a fait décorer sa chapelle privée, une autre fresque complètement hallucinante, dans un style maniériste. C’est un genre que David a découvert ici et qu’il aime de plus en plus. Ils ont huit enfants (ici nous parlons d’Éléonore et de Cosme, et non de David et Marie-Ève), alors le palais devient trop petit…

Chapelle d'Éléonore de Tolède au Palazzo Vecchio
Qu’importe, on achète une nouvelle demeure de l’autre côté de l’Arno et on fait construire une galerie longue d’un kilomètre, qui mène des Offices au nouveau palais. L’ancien palais, abandonné, prend le nom de « Palazzo Vecchio » (Palais Vieux), qu’il porte encore. La galerie, elle, se nomme « corridor Vasari », du nom de son architecte. Il y aurait eu deux raisons à sa construction : Cosme n’aimait pas l’odeur du Ponte Vecchio, alors occupé par des bouchers, et il ne voulait pas se mêler à la foule, étant donné les risques d’assassinat. L’histoire de cette famille n’est qu’une suite d’attentats et de tentatives d’empoisonnement. Le Palazzo Pitti est donc la dernière demeure de cette famille. Il a été racheté à des descendants de la famille Pitti qui avait été ruinée par Pierre le Goutteux, père de Laurent le Magnifique, près d’un siècle plus tôt. Le Pitti en question voulait attenter à la vie de Pierre, ainsi il l’a payé cher, littéralement. Au Palazzo Pitti, on peut aujourd’hui visiter la galerie Palatine : des tableaux de grands peintres placés d’un bout à l’autre des pièces, à côté de peintures moins importantes et de portraits de membres de la famille, dont certains assez laids, merci. Viviane et sa maman trouvent Jean-Gaston très moche. Mais tous ces tableaux ! En plus, les pièces sont arrangées comme à l’époque, si bien qu’on peut avoir une idée de la manière dont vivait la famille. Orian est fasciné par tous ces palais, au point qu’il ne s’est pas fait prier pour retourner une deuxième fois dans chacun d’eux.
Cent cinquante ans après le déménagement au Palazzo Pitti, la dernière des Médicis, Anne-Marie Louise, va réunir les trésors artistiques de la famille (des Michel-Ange, des Botticelli, des Lippi, des Pontormo, bref tous les artistes italiens importants des trois siècles de l’essor des Médicis) et va léguer le tout à la ville de Florence, la faisant de cette manière la première ville-musée mondiale. Les plus belles œuvres sont exposées aux Offices, qui étaient les bureaux du grand-duc Cosme 1er. Mais malheureusement, on n’y trouve aucune fresque.

vendredi 15 avril 2011

Message de Viviane à sa classe (3)

Salut tout le monde ! ! Ça fait maintenant 2 mois que je suis à Florence. Dans 15 jours, je pars pour aller à Venise. Je vais pouvoir me promener en gondole ! Ici il fait très chaud. Pour vous la neige fond, mais pour moi c’est crème glacée et t-shirt ! ! ! Jaloux ! ? ! ? J’ai hâte à Pâques pour que mes parents m’achètent une « poule-toutou » avec des œufs à l’intérieur. Je me demande pourquoi ils ne fondent pas ! Profitez du beau temps qui sort et joyeuses Pâques ! ! J
Saluez Alain, Véro et Lucie pour moi S.V.P. ! ! J
Viviane
La cathédrale de Florence vue de loin


Moi au sommet de la cathédrale


lundi 11 avril 2011

Message d'Orian à sa classe (3)

Bonjour, les amis, c’est moi Orian. Je suis allé à Sienne et j’avais envie d’en parler. On a grimpé une grande tour et la cathédrale était jolie. On a aussi vu d’autres églises à Florence comme San Miniato, Santo Spirito et la chapelle Brancacci. Ma mère et moi sommes allés faire un tour guidé de la galerie Vasari, un couloir qui traverse la ville. Dedans, il y a des autoportraits. La galerie a été construite par Cosme 1er pour son fils à son mariage, car ça troublait les gens quand il se promenait avec ses gardes. Pour faire changement des Médicis, nous sommes allés au musée Stibbert. M. Stibbert était un homme d’affaires, mais le plus important est qu’il avait une grosse collection de toutes les armes avant la 1ère Guerre mondiale. Et mieux, il avait des mannequins avec lesquels il reproduisait des scènes de bataille.
J’espère que vous allez vous amuser à Pâques. Vincent, Nico, Samu, j’ai hâte de vous revoir.
Et maintenant voici les animaux de Florence…                
Chat concentré

Famille de canards au bord de l'Arno

Moi en armure au musée Stibbert

mercredi 6 avril 2011

Balade en auto dans le Chianti

Durant une fin de semaine, nous nous sommes loué une voiture pour explorer le Chianti, région un peu « sauvage » difficilement accessible en train. Précisément, le Chianti est la région qui s’étend au sud de Florence jusqu’à Sienne, région collineuse et tempérée, idéale pour cultiver la vigne. C’est là, bien entendu, que l’on produit les fameux vins. Mais n’étant pas de grands œnologues (même pas de petits…), nous y allions plutôt pour voir un peu de nature (il y a très peu d’espaces verts à Florence). Attention, amateurs de vins, vous ne trouverez pas grand-chose pour vous satisfaire dans les lignes qui suivent.
Cela faisait un bout de temps que David n’avait pas conduit d’auto manuelle et ça le « stressait » un peu de devoir circuler dans les rues étroites de Florence, mais les réflexes lui sont revenus rapidement. En plus, les Italiens conduisent de manière relativement ordonnée et courtoise. Le seul problème est la signalisation routière, qui était un peu trop rare à notre goût (les numéros de routes sont une denrée offerte avec parcimonie)… pas pratique, même quand on n’a qu’une seule route à suivre, la « Chiantigiana » (SR 222), qui traverse tout le Chianti.
Nous avons d’abord arrêté à Greve in Chianti, petite ville où l’on trouve une immense enoteca (commerce de dégustation et de vente de vins) : plus de 150 échantillons à goûter ! David, en tant que conducteur responsable, n’a rien pris, mais Marie-Ève a bu quelques gorgées de différents crus, dont les « super Toscans ». Elle a trouvé que les vins du Chianti sont beaucoup plus légers que ceux que nous avons l’habitude de boire au Canada. Il est vrai que nous buvons souvent des Californiens, qui sont des vins corsés et qui doivent influencer notre goût. Nous avons dîné à Greve in Chianti, et les parents en ont profité pour se payer des plats un peu plus « fancys » que les banales pâtes et pizzas de l’appartement : spaghettis à l’encre de seiche pour David et plat de langoustines pour Marie-Ève… plutôt salissant à décortiquer, et pas beaucoup de chair là-dedans.
Après le repas, nous sommes montés en voiture au petit village médiéval de Montefioralle, perché sur la colline au-dessus de Greve. Un village absolument charmant, presque désert, fait de rues minuscules et de petites maisons de pierre timides, toutes ramassées sur elles-mêmes, avec quelques pots de fleurs pour égayer le décor. Nous avons ensuite repris la route, qui devenait un peu moins touristique, c’est-à-dire moins envahie de panneaux annonçant des vignobles, des auberges, des restaurants, des hôtels, etc., et qui laissait voir un peu plus le paysage. À ce temps-ci de l’année, la nature se décline plutôt dans des teintes grises et verdâtres, qui lui donnent un aspect hivernal presque romantique et pas déplaisant. Mais en été ou en automne, la vue doit être époustouflante. Les enfants commençaient à en avoir assez de faire des routes en lacets, alors nous sommes revenus à Florence par l’autoroute, qui donne tout de même à voir quelques beaux paysages.

Viviane devant un paysage du Chianti

Village de Montefioralle
Le lendemain, nous voulions essayer l’une des sources thermales que l’on trouve au sud de Sienne ; idéalement, une source dont l’accès est gratuit… nous ne voulions pas payer cent euros par personne pour un spa de luxe ! Après des recherches sur Internet, Marie-Ève a trouvé les thermes de Petriolo ; moins beaux que ceux de Saturnia (les plus réputés), mais moins loin. Nous avons suivi les indications précises et exactes de Google Maps et, en une heure et quelque, nous étions sur place. Comment décrire l’endroit? C’est une petite rivière sur un lit de cailloux, au bord de laquelle se trouve une source thermale. En d’autres mots, ce sont des eaux sulfureuses, donc plus chaudes que la température du corps et dégageant un intense parfum d’œufs pourris. L’installation est un peu « broche à foin », comme on dit : un vulgaire tuyau blanc déverse l’eau chaude dans la rivière, et un muret de grosses pierres, à peine plus haut que le niveau de l’eau, a été aménagé pour contenir l’eau chaude en une sorte de bassin. Une fois qu’on est assis dedans, l’eau nous monte au nombril. Comme c’est gratuit, les gens viennent en famille ou entre amis et apportent leur pique-nique. On se change sous notre serviette. Pas le gros luxe, mais très convivial. Des gens nous ont montré comment frotter ensemble deux pierres d’argile durcie, pour en tirer une espèce de boue que l’on s’applique sur le visage. Quand on se sent surchauffer, on va faire une saucette dans la rivière, dont l’eau claire est très froide.

Les bains de Petriolo
Nous avons passé là un bon moment, puis nous avons emprunté une petite route de colline pour aller à Monticiano, autre village médiéval perché sur une éminence. Dans le village, nous nous sommes retrouvés, en voiture, dans une ruelle du 13e siècle (à peu près) qui avait une dénivellation d’environ 20% et qui aboutissait à un cul-de-sac. Disons que David a eu l’occasion de pratiquer encore et encore ses démarrages dans une côte ! Pour nous remettre de nos émotions, nous avons pris une collation dans un petit café dont le sympathique patron parlait cinq langues (dont le français) et connaissait des Italiens de Montréal ayant acheté un vignoble dans le coin... Ils travaillaient dans la construction avant… Nous avons eu envie de demander s’ils s’appelaient Catania ou Accurso, mais bon, nous ne sommes pas allés si loin pour entendre parler des mêmes histoires que chez nous.

Enfin, nous nous sommes rendus à l’abbaye de San Galgano, où l’on peut encore observer l’épée que le saint, alors qu’il était chevalier, a plantée dans une roche pour montrer qu’il renonçait à sa vie de combats. Ça se passait au 12e siècle. On peut visiter les ruines majestueuses d’une église, dont subsistent tous les murs, mais pas le toit. Mais nous étions épuisés par notre bain thermal, aussi nous sommes rentrés à la maison pour prendre un bon repos.
L'abbaye de San Galgano

Vue "gothique" de l'abbaye