mardi 29 mars 2011

Fiesole

Cette petite ville située à vingt minutes de Florence en bus est un véritable charme. La place principale se trouve à côté d’une cathédrale dont le clocher fait de l’ombre à un ancien temple étrusque et à un amphithéâtre romain. C’est que les ruines se situent à quelques mètres en contrebas, mais on ne le devinerait jamais en descendant de l’autobus. C’est pourquoi nous avons d’abord gravi une colline à pic. Nous nous sommes retrouvés sur un belvédère qui donnait à voir la ville de Florence au loin et la belle campagne juste à nos pieds. Il fait plus chaud depuis trois ou quatre jours, et on peut observer le réveil de la nature. Certaines fleurs commencent à se montrer, et les pommiers – ou les cerisiers ? – sont tout blancs. L’air est doux, ça sent bon les cyprès et une odeur qui se rapproche du lilas. Nous ne sommes pas des experts en botanique, donc désolés pour les commentaires approximatifs…

Paysage vu de Fiesole
En haut de la colline, il y a une église franciscaine. Les enfants ont été intéressés par une exposition d’objets rapportés par des moines missionnaires. Certains objets provenaient d’Égypte, dont un sarcophage avec une momie, et d’autres venaient de Chine.  Viviane a été très impressionnée par des dessins qui représentaient l’Enfer tel que le concevaient les Chinois convertis au catholicisme. À les regarder, on se sent le goût d’être vraiment bons, afin d’aller au Paradis… Il y avait aussi une peinture de saint François d’Assisse recevant ses stigmates, œuvre qui a été rebaptisée par David, au grand plaisir des enfants, « Jésus en vaisseau spatial qui tire des rayons laser sur un pauvre moine ».
Le musée des missionnaires franciscains

Jésus lançant des rayons laser sur saint François
En redescendant, nous avons trouvé les ruines antiques. Dans l’amphithéâtre en plein air, Orian et Viviane nous ont donné un spectacle de lutte mettant en vedette la « Walkyrie de l’Est » contre le « Titan de l’Ouest » ; nous vous laissons deviner qui tenait quel rôle. L’acoustique de l’amphithéâtre est impressionnante, on s’entend parler à plusieurs mètres de distance. Nous avons finalement acheté quelques bonbons alléchants dans un kiosque (mais Marie-Ève n’a pas terminé son long fil de réglisse noire, mais bon qu’elle ne l’espérait), puis nous sommes rentrés à Florence en profitant du magnifique paysage.


David surpris à regarder le spectacle d'Orian et de Viviane


jeudi 24 mars 2011

Message de Viviane à sa classe

Bonjour Isabelle et les amis de la classe,
Je m’ennuie beaucoup de vous, en particulier d’Isabelle et de mes amies comme Rosalie, Ève, Kelyann, Mégan, etc. Mes parents se sont mis à faire des reportages sur l’Italie (ils seront présentés à repère.tv sur Internet – note de maman). Moi, je trouve qu’ils auraient dû parler de la fête de l’unité italienne. En parlant de ça, le 16 mars, c’était la fête de l’unité italienne !!! J  Je ne sais pas vraiment c’est quoi, mais j’en retiens que c’est  leur Saint-Jean-Baptiste. Ma mère m’a acheté un portefeuille de cuir italien (très chic, le cuir italien !)  J’ai hâte de vous revoir, à bientôt.

                                                                                                           Viviane
P.S.: saluez Manon, Jean-Sébastien, les deux Chantal et Roxane pour moi !!!! J
Illuminations aux couleurs de l'Italie pour la fête de l'unité italienne
Des canetons qu'on a vus au bord du fleuve Arno qui coule à Florence

samedi 19 mars 2011

San Gimignano

Quand on connaît l’inefficacité du transport en commun au Québec, on ne peut qu’être émerveillé du système ferroviaire italien : les trains se rendent à plusieurs endroits et il y en a régulièrement, minimalement aux heures. Sinon, il y a toujours la possibilité de prendre les bus. Les uns comme les autres sont très peu dispendieux. Nous pouvons donc faire plein d’expéditions en Toscane sans avoir besoin de voiture. Bon, les Italiens ont le nombre pour eux : 60 millions de gens vivent dans cette petite botte, alors que nous sommes à peine 8 millions dans notre immense vallée du Saint-Laurent, mais il serait sans doute possible de faire bien mieux chez nous ! Après ce commentaire écologiste (on ne se refait pas…), passons à la description de notre visite.
Voyager hors de la période de pointe a de nombreux avantages, si on est prêt à braver quelques moments où la température est moins favorable. Le soleil est magnifique, mais le vent est plutôt piquant en cette saison. Si on est bien habillé, c’est tout à fait vivable, d’autant plus qu’on n’a pas à traverser des bancs de neige de 5 pieds. Et quand il pleut, on peut toujours aller dans un musée.
Après nous être assurés sur Météomédia qu’il ferait beau (sans doute en souvenir de Colette, la maman de Marie-Ève, qui ne jurait que par les bulletins météo de cette bonne vieille chaîne de télé, nous nous fions, même en voyage, à son site Internet), nous avons décidé de faire une petite visite dans la ville médiévale de San Gimignano. Il s’agit d’une ville fortifiée située sur une haute colline. Elle comporte des rues aux montées assez abruptes ; il faut être un bon marcheur pour les gravir. Dès que l’on passe la porte de la ville, on se retrouve dans un autre univers, plus précisément dans un autre temps. Si ce n’était de toutes les boutiques de souvenirs, on pourrait se représenter assez bien la vie au Moyen Âge. Il n’y a que peu de traces de la modernité, par exemple, on ne voit pas de fils électriques dans la rue principale. La vue est magnifique, autant depuis les belvédères derrière les remparts, qui nous permettent d’admirer la campagne toscane, qu’au pied des tours montant vers le ciel comme des flèches.

Place de la cathédrale




Marie-Ève devant le paysage toscan



Orian attend avec désespoir de pouvoir utiliser lui aussi l'appareil photo

David et Orian, en braves qu’ils sont, ont décidé d’aller au musée de la torture. Marie-Ève, facilement effrayée et détestant tout ce qui se rapproche de l’horreur, et Viviane, solidaire de sa maman, ont préféré faire les boutiques. La visite des gars a tourné court : les engins de supplice ont frappé leur imaginaire un peu trop fortement. Pendant ce temps, Marie-Ève avait trouvé un sac à main en cuir italien à un prix pas trop effrayant, tandis que Viviane avait opté pour des lunettes fumées orange qui ressemblaient à celles de Justin Bieber !

Souvenirs en vente devant une boutique

Afin de nous remettre de nos émotions, nous sommes allés souper dans une taverna – une sorte de café, rien à voir avec les tavernes québécoises – où Marie-Ève, avec son excellent italien, a commandé « una pizza con fragola e una pizza con salsifi », quand elle voulait en réalité une pizza à la « rugola » (laitue au goût de noisettes) et une pizza à la « salsiccia » (saucisse). Ce qui a fort amusé le serveur, qui a néanmoins compris qu’elle ne faisait pas référence à de nouvelles variétés de pizza qui auraient été la pizza aux fraises (« fragola ») ou aux salsifis (sorte de légume qu’on mange en France). Peut-être que, dans dix ans, on pourra dire qu’une nouvelle vague de cuisine est née à San Gimignano !


vendredi 18 mars 2011

Message d'Orian à sa classe (2)

Chers amis de la classe de Geneviève,
J’espère que vous profitez bien de votre temps. Moi, je m’amuse bien, j’ai vu plein de belles choses.  Ma visite favorite était le Palazzo Pitti. À la Renaissance, c`était la maison des Médicis. Les Médicis étaient des banquiers qui régnaient sur la Toscane. De la Renaissance au 18e siècle, ce sont les Médicis qui ont gouverné. Mais revenons à moi trois siècles plus tard. J’ai vu entre autres le Palazzo Vecchio, Santa Croce, Santa Maria Novella, San Lorenzo et le Palazzo Médicis. Nous avons monté la tour de la cathédrale, 414 marches, imaginez, mais la vue y était splendide. Récemment, nous sommes allés à Pise. La tour de Pise était moins haute que je le croyais, mon père et ma sœur sont montés, ma mère et moi avons attendu en bas. En terminant, je vous souhaite de joyeuses Pâques, ici ils vont faire exploser un char, ça promet!
Au revoir!
ORIAN
P.S. : J’espère que vous avez aimé ma carte postale en anglais. On vous a acheté un cadeau, vous allez sûrement l’aimer, surtout Pierre-Luc.

Vue de Florence à partir du sommet de la tour de la cathédrale

Le Palazzo Vecchio au coucher de soleil


La cathédrale de Pise et sa célèbre tour penchée


jeudi 17 mars 2011

Les églises de Florence

Pour tous les artistes qui travaillaient à Florence durant la Renaissance, les commandes provenaient soit de communautés religieuses, soit de mécènes (généralement de grandes familles) qui, par croyance sincère ou par conformisme social, commandaient des œuvres religieuses. Il n’est donc pas étonnant que plusieurs des grandes œuvres d’art à Florence se trouvent dans les églises, et c’est souvent là que nous mènent nos promenades quotidiennes.
Parfois, nous tombons par hasard sur une église qui ne se trouve même pas dans nos guides touristiques. Nous en avons découvert deux juste à côté de l’appartement. Il y a Santo Stefano, une église étonnante dont le fond (le chœur et l’abside) est décoré avec des rambardes, des colonnettes, des escaliers, comme s’il s’agissait de la terrasse d’un palais baroque. David est allé y entendre un concert de clavecin. Il y aussi l’église des Santi Apostoli, une église romane typique (il en reste peu à Florence), avec ses murs de pierre épais, son toit de bois et ses toutes petites fenêtres qui ne laissent entrer aucune lumière. Mais c’est dans les églises les plus grandes et les plus connues qu’on trouve les œuvres d’art.
Aux extrémités est et ouest de la vieille ville se situent l’église des Dominicains (Santa Maria Novella) et celle des Franciscains (Santa Croce). Toutes deux ont été construites à peu près à la même époque (14e siècle) et sur le même modèle : une nef vaste et aérée pour permettre à la population de venir entendre les prédications. Pendant les siècles qui ont suivi la construction de ces églises, des artistes ont été engagées pour les décorer de diverses œuvres : tableaux, crucifix, statues, reliquaires, monuments funéraires, etc. Souvent, ce sont des fresques : des œuvres de dimensions importantes peintes sur les murs et qui exigent une grande dextérité de la part de l’artiste, car la peinture doit être appliquée sur le plâtre quand il est encore frais. Aussitôt qu’il a séché, plus possible de corriger !
Nous ne pouvons pas énumérer tout ce que nous avons vu dans ces deux grandes églises, mais disons que l’une des œuvres les plus frappantes à Santa Maria Novella est un immense crucifix qui pend du plafond et qui a été peint par Giotto ; la nouveauté, à l’époque, a consisté à représenter le Christ de manière réaliste, presque comme un cadavre (il a une teinte verdâtre et son corps est affaissé). On trouve aussi, dans une chapelle du fond, un cycle de fresques peint par Ghirlandaio (le maître de Michel-Ange), qui couvre trois murs. Ces fresques représentent des scènes de l’Histoire sainte sous forme de scènes de la vie quotidienne à Florence au 15e siècle, avec un dessin très précis et des couleurs vives. Seul problème : les murs sont tellement élevés et rapprochés les uns des autres qu’on voit mal les fresques qui se trouvent en hauteur. Santa Croce, pour sa part, est intéressante parce qu’elle contient les tombeaux de plusieurs personnages célèbres : Michel-Ange, Galilée, Rossini… C’est là aussi qu’il y a des fresques de Giotto décrivant la vie de saint François d’Assise et une petite chapelle élégante bâtie par Brunelleschi.

La façade de Santa Maria Novella, dessinée par Alberti

Viviane qui fait le "saut du Christ" à Santa Croce




















Nous pourrions encore parler des autres églises que nous avons visitées : Santa Felicità, Santa Trinità, Ognissanti, San Lorenzo. Et c’est sans compter celles qu’il nous reste à voir : San Marco, Santo Spirito, Santa Maria del Carmine, Santissima Annunziata… Il faut dire qu’Orian et Viviane sont de moins en moins enthousiastes de visiter des églises, mais ils font quand même des efforts pour s’y intéresser. Généralement, on peut en visiter deux ou trois par semaine avant que les enfants ne rouspètent.  Et, dans chacune, ils allument un cierge en souvenir de leurs deux grands-parents qui sont morts. Cela nous coûte des fortunes en offrandes, mais notre bonne fortune est assurée pour le siècle à venir. Des demandes spéciales ? Faites-les-nous connaître, nous prierons pour vous !


vendredi 4 mars 2011

Expédition à Pise

Les attractions touristiques de Pise sont entourées par un mur fortifié, dont on doit traverser l’une des trois portes en étant assaillis par des vendeurs itinérants qui font bloc pour vendre des souvenirs. Mais une fois ce cauchemar passé, on arrive dans un monde où le temps semble arrêté. La Piazza dei Miracoli de Pise est une carte postale. Dans un parc immense au gazon sévèrement surveillé – si on met le pied où il ne le faut pas, on prend le risque de se faire avertir par le sifflet d’un policier –, on retrouve quatre grands bâtiments blancs : le baptistère, le cimetière, la cathédrale et son clocher qui penche. En effet, la célèbre tour de Pise est un fait un campanile, bâti à côté de la cathédrale comme c’était l’habitude en Toscane au Moyen Âge.

Piazza dei Miracoli (de g. à d.: baptistère, cimetière, cathédrale et campanile)

Impossible d'être à Pise sans faire cette photo classique !

Avec Orian à nos côtés, personne n'ose nous achaler !

Pendant que nous visitions le baptistère, l’une des gardiennes a exigé le silence, puis a fait une démonstration de l’acoustique de l’endroit. C’était tout bonnement incroyable : le son se répercutait plusieurs fois, produisant un écho qu’on pouvait réentendre jusqu'à dix ou douze fois. Chaque son répercuté s’additionnait au son suivant. Radiohead créait cet effet-là en spectacle grâce à une machine électronique et cela semblait particulièrement difficile à obtenir. Il est intéressant de penser que cette technique était déjà maîtrisée au Moyen Âge, et sans gadgets. Ici, en Europe, le présent se confond avec hier. Est-ce que la sensibilité des Européens est différente de celle des Nord-Américains de ce point de vue? Perçoit-on le temps de manière différente parce qu’on vit à proximité de ruines antiques ou de tours médiévales ? Derrière le musée des Offices, à Florence, sur une palissade de chantier de construction, on voit une pub de Benetton, fier commanditaire des travaux de réfection du musée, qui utilise des peintures classiques. L’ancien et l’actuel se mélangent, les toiles servant à la promotion de vêtements et une ligne de vêtements venant à la rescousse de l’art.
La cathédrale de Pise, puisque qu’elle est blanche (et non pas colorée comme celle de Florence), pourrait avoir l’air austère. Mais elle est tellement ornée de frises, de colonnes et d’arches qu’elle en devient chargée, l’œil ne pouvant pas tout analyser.
La terre du cimetière, juste à côté, est censée avoir été ramenée directement du Golgotha pendant les Croisades. Elle aurait la faculté de réduire les cadavres à l’état de squelettes en l’espace de quelques jours. Pour protéger cette terre sanctifiée, on a construit tout autour un déambulatoire, comme dans une abbaye, décoré de fresques et « meublé » de tombeaux antiques. Malheureusement, le toit, qui était en plomb, a fondu lors d’une attaque des Alliés en 1944 et a gravement abîmé les fresques. Depuis, elles ont été restaurées en partie.


Le cimetière de Pise

Marie-Ève, à cause d’un bon rhume, et Orian, à cause de son vertige, ont décidé de ne pas monter dans la tour de Pise. Mais David et Viviane l’ont fait ! C’était très étrange, pendant l’ascension, de sentir que l’escalier penchait vers l’un ou l’autre des murs. En haut, la vue est magnifique, mais c’est assez inquiétant de se tenir du côté qui penche le plus !

Viviane au pied de la tour


Depuis des siècles que les gens y montent !


Viviane en haut de la tour

Orian et Viviane rendent hommage à l'Italie

Fait étrange à noter : dans les McDo italiens, on sert des dolci (des desserts) et ils sont meilleurs que dans certaines pâtisseries. Pise, c’est le monde à l’envers. Pas étonnant que leur tour penche.