Nous n’avions pas accès à Internet à Rome, c’est pourquoi nous n’avons affiché aucun message. Mais voici à quoi a ressemblé notre première semaine en Italie.
La ville de Rome est un peu décevante. En tout cas, elle n’est pas à la hauteur de tout ce que suggère son nom : la puissance de l’Empire romain, la gloire des papes… Dans l’ensemble, c’est une grande ville européenne assez ordinaire. Avec quelques traits distinctifs, bien sûr : les façades des édifices sont souvent surprenantes, avec leurs balcons fleuris et leurs éléments de décor architectural (petits frontons au-dessus des fenêtres, moulages de visages angéliques ou monstrueux accrochés aux murs, etc.). Et, à force de nous promener, nous avons fini par développer quelques habitudes qui ont fait que nous nous sommes attachés à la ville. En fait, des habitudes alimentaires : nous asseoir au dîner dans un petit resto pour prendre une pizza al taglio (tranche de pizza rectangulaire, parfois carrément découpée aux ciseaux, simple mais toujours savoureuse) et, au goûter, prendre un cappuccino (pour les parents) ou une crème glacée (pour les parents et les enfants). Ici, on est tellement soucieux de la fraîcheur de la nourriture que les menus précisent si certains des plats servis ont d’abord été surgelés.
Tout de même, nous avons l’impression d’habiter deux temps historiques différents : aujourd’hui et l’Antiquité. Les deux périodes coexistent, mais en strates, et hier est généralement enfoncé sous la terre, aujourd’hui se trouvant à la surface. On se demande si les Romains actuels ont la même perception du temps qui passe que nous, Nord-Américains, habitués de l’instantané.
On s’imagine souvent à l'avance les lieux que l’on va visiter, les peuples que l’on va rencontrer. La réalité est toujours beaucoup plus complexe, d’abord parce que les gens ont une individualité propre et ne sont pas le simple résultat de leur appartenance sociale et nationale. Néanmoins, on peut percevoir des caractéristiques générales auxquelles répondent la majorité des membres d’une nation. On dira, par exemple, que les Québécois craignent la chicane et la dispute au point de refuser de débattre et d’argumenter. De même, ce sont des gens simples et directs. Nous nous représentions les Italiens comme des gens bruyants, colorés, expressifs. Pour l’instant, l’image que nous en avons, ce sont des gens sérieux, affairés et directs. Ils ne ressemblent que peu aux Italiens montréalais, finalement. Même le professeur d’italien de Marie-Ève était plus original, avait une personnalité débordante.


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