Quand on connaît l’inefficacité du transport en commun au Québec, on ne peut qu’être émerveillé du système ferroviaire italien : les trains se rendent à plusieurs endroits et il y en a régulièrement, minimalement aux heures. Sinon, il y a toujours la possibilité de prendre les bus. Les uns comme les autres sont très peu dispendieux. Nous pouvons donc faire plein d’expéditions en Toscane sans avoir besoin de voiture. Bon, les Italiens ont le nombre pour eux : 60 millions de gens vivent dans cette petite botte, alors que nous sommes à peine 8 millions dans notre immense vallée du Saint-Laurent, mais il serait sans doute possible de faire bien mieux chez nous ! Après ce commentaire écologiste (on ne se refait pas…), passons à la description de notre visite.
Voyager hors de la période de pointe a de nombreux avantages, si on est prêt à braver quelques moments où la température est moins favorable. Le soleil est magnifique, mais le vent est plutôt piquant en cette saison. Si on est bien habillé, c’est tout à fait vivable, d’autant plus qu’on n’a pas à traverser des bancs de neige de 5 pieds. Et quand il pleut, on peut toujours aller dans un musée.
Après nous être assurés sur Météomédia qu’il ferait beau (sans doute en souvenir de Colette, la maman de Marie-Ève, qui ne jurait que par les bulletins météo de cette bonne vieille chaîne de télé, nous nous fions, même en voyage, à son site Internet), nous avons décidé de faire une petite visite dans la ville médiévale de San Gimignano. Il s’agit d’une ville fortifiée située sur une haute colline. Elle comporte des rues aux montées assez abruptes ; il faut être un bon marcheur pour les gravir. Dès que l’on passe la porte de la ville, on se retrouve dans un autre univers, plus précisément dans un autre temps. Si ce n’était de toutes les boutiques de souvenirs, on pourrait se représenter assez bien la vie au Moyen Âge. Il n’y a que peu de traces de la modernité, par exemple, on ne voit pas de fils électriques dans la rue principale. La vue est magnifique, autant depuis les belvédères derrière les remparts, qui nous permettent d’admirer la campagne toscane, qu’au pied des tours montant vers le ciel comme des flèches.
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| Place de la cathédrale |
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| Marie-Ève devant le paysage toscan |
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| Orian attend avec désespoir de pouvoir utiliser lui aussi l'appareil photo |
David et Orian, en braves qu’ils sont, ont décidé d’aller au musée de la torture. Marie-Ève, facilement effrayée et détestant tout ce qui se rapproche de l’horreur, et Viviane, solidaire de sa maman, ont préféré faire les boutiques. La visite des gars a tourné court : les engins de supplice ont frappé leur imaginaire un peu trop fortement. Pendant ce temps, Marie-Ève avait trouvé un sac à main en cuir italien à un prix pas trop effrayant, tandis que Viviane avait opté pour des lunettes fumées orange qui ressemblaient à celles de Justin Bieber !
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| Souvenirs en vente devant une boutique |
Afin de nous remettre de nos émotions, nous sommes allés souper dans une taverna – une sorte de café, rien à voir avec les tavernes québécoises – où Marie-Ève, avec son excellent italien, a commandé « una pizza con fragola e una pizza con salsifi », quand elle voulait en réalité une pizza à la « rugola » (laitue au goût de noisettes) et une pizza à la « salsiccia » (saucisse). Ce qui a fort amusé le serveur, qui a néanmoins compris qu’elle ne faisait pas référence à de nouvelles variétés de pizza qui auraient été la pizza aux fraises (« fragola ») ou aux salsifis (sorte de légume qu’on mange en France). Peut-être que, dans dix ans, on pourra dire qu’une nouvelle vague de cuisine est née à San Gimignano !




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