jeudi 17 mars 2011

Les églises de Florence

Pour tous les artistes qui travaillaient à Florence durant la Renaissance, les commandes provenaient soit de communautés religieuses, soit de mécènes (généralement de grandes familles) qui, par croyance sincère ou par conformisme social, commandaient des œuvres religieuses. Il n’est donc pas étonnant que plusieurs des grandes œuvres d’art à Florence se trouvent dans les églises, et c’est souvent là que nous mènent nos promenades quotidiennes.
Parfois, nous tombons par hasard sur une église qui ne se trouve même pas dans nos guides touristiques. Nous en avons découvert deux juste à côté de l’appartement. Il y a Santo Stefano, une église étonnante dont le fond (le chœur et l’abside) est décoré avec des rambardes, des colonnettes, des escaliers, comme s’il s’agissait de la terrasse d’un palais baroque. David est allé y entendre un concert de clavecin. Il y aussi l’église des Santi Apostoli, une église romane typique (il en reste peu à Florence), avec ses murs de pierre épais, son toit de bois et ses toutes petites fenêtres qui ne laissent entrer aucune lumière. Mais c’est dans les églises les plus grandes et les plus connues qu’on trouve les œuvres d’art.
Aux extrémités est et ouest de la vieille ville se situent l’église des Dominicains (Santa Maria Novella) et celle des Franciscains (Santa Croce). Toutes deux ont été construites à peu près à la même époque (14e siècle) et sur le même modèle : une nef vaste et aérée pour permettre à la population de venir entendre les prédications. Pendant les siècles qui ont suivi la construction de ces églises, des artistes ont été engagées pour les décorer de diverses œuvres : tableaux, crucifix, statues, reliquaires, monuments funéraires, etc. Souvent, ce sont des fresques : des œuvres de dimensions importantes peintes sur les murs et qui exigent une grande dextérité de la part de l’artiste, car la peinture doit être appliquée sur le plâtre quand il est encore frais. Aussitôt qu’il a séché, plus possible de corriger !
Nous ne pouvons pas énumérer tout ce que nous avons vu dans ces deux grandes églises, mais disons que l’une des œuvres les plus frappantes à Santa Maria Novella est un immense crucifix qui pend du plafond et qui a été peint par Giotto ; la nouveauté, à l’époque, a consisté à représenter le Christ de manière réaliste, presque comme un cadavre (il a une teinte verdâtre et son corps est affaissé). On trouve aussi, dans une chapelle du fond, un cycle de fresques peint par Ghirlandaio (le maître de Michel-Ange), qui couvre trois murs. Ces fresques représentent des scènes de l’Histoire sainte sous forme de scènes de la vie quotidienne à Florence au 15e siècle, avec un dessin très précis et des couleurs vives. Seul problème : les murs sont tellement élevés et rapprochés les uns des autres qu’on voit mal les fresques qui se trouvent en hauteur. Santa Croce, pour sa part, est intéressante parce qu’elle contient les tombeaux de plusieurs personnages célèbres : Michel-Ange, Galilée, Rossini… C’est là aussi qu’il y a des fresques de Giotto décrivant la vie de saint François d’Assise et une petite chapelle élégante bâtie par Brunelleschi.

La façade de Santa Maria Novella, dessinée par Alberti

Viviane qui fait le "saut du Christ" à Santa Croce




















Nous pourrions encore parler des autres églises que nous avons visitées : Santa Felicità, Santa Trinità, Ognissanti, San Lorenzo. Et c’est sans compter celles qu’il nous reste à voir : San Marco, Santo Spirito, Santa Maria del Carmine, Santissima Annunziata… Il faut dire qu’Orian et Viviane sont de moins en moins enthousiastes de visiter des églises, mais ils font quand même des efforts pour s’y intéresser. Généralement, on peut en visiter deux ou trois par semaine avant que les enfants ne rouspètent.  Et, dans chacune, ils allument un cierge en souvenir de leurs deux grands-parents qui sont morts. Cela nous coûte des fortunes en offrandes, mais notre bonne fortune est assurée pour le siècle à venir. Des demandes spéciales ? Faites-les-nous connaître, nous prierons pour vous !


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