mercredi 6 avril 2011

Balade en auto dans le Chianti

Durant une fin de semaine, nous nous sommes loué une voiture pour explorer le Chianti, région un peu « sauvage » difficilement accessible en train. Précisément, le Chianti est la région qui s’étend au sud de Florence jusqu’à Sienne, région collineuse et tempérée, idéale pour cultiver la vigne. C’est là, bien entendu, que l’on produit les fameux vins. Mais n’étant pas de grands œnologues (même pas de petits…), nous y allions plutôt pour voir un peu de nature (il y a très peu d’espaces verts à Florence). Attention, amateurs de vins, vous ne trouverez pas grand-chose pour vous satisfaire dans les lignes qui suivent.
Cela faisait un bout de temps que David n’avait pas conduit d’auto manuelle et ça le « stressait » un peu de devoir circuler dans les rues étroites de Florence, mais les réflexes lui sont revenus rapidement. En plus, les Italiens conduisent de manière relativement ordonnée et courtoise. Le seul problème est la signalisation routière, qui était un peu trop rare à notre goût (les numéros de routes sont une denrée offerte avec parcimonie)… pas pratique, même quand on n’a qu’une seule route à suivre, la « Chiantigiana » (SR 222), qui traverse tout le Chianti.
Nous avons d’abord arrêté à Greve in Chianti, petite ville où l’on trouve une immense enoteca (commerce de dégustation et de vente de vins) : plus de 150 échantillons à goûter ! David, en tant que conducteur responsable, n’a rien pris, mais Marie-Ève a bu quelques gorgées de différents crus, dont les « super Toscans ». Elle a trouvé que les vins du Chianti sont beaucoup plus légers que ceux que nous avons l’habitude de boire au Canada. Il est vrai que nous buvons souvent des Californiens, qui sont des vins corsés et qui doivent influencer notre goût. Nous avons dîné à Greve in Chianti, et les parents en ont profité pour se payer des plats un peu plus « fancys » que les banales pâtes et pizzas de l’appartement : spaghettis à l’encre de seiche pour David et plat de langoustines pour Marie-Ève… plutôt salissant à décortiquer, et pas beaucoup de chair là-dedans.
Après le repas, nous sommes montés en voiture au petit village médiéval de Montefioralle, perché sur la colline au-dessus de Greve. Un village absolument charmant, presque désert, fait de rues minuscules et de petites maisons de pierre timides, toutes ramassées sur elles-mêmes, avec quelques pots de fleurs pour égayer le décor. Nous avons ensuite repris la route, qui devenait un peu moins touristique, c’est-à-dire moins envahie de panneaux annonçant des vignobles, des auberges, des restaurants, des hôtels, etc., et qui laissait voir un peu plus le paysage. À ce temps-ci de l’année, la nature se décline plutôt dans des teintes grises et verdâtres, qui lui donnent un aspect hivernal presque romantique et pas déplaisant. Mais en été ou en automne, la vue doit être époustouflante. Les enfants commençaient à en avoir assez de faire des routes en lacets, alors nous sommes revenus à Florence par l’autoroute, qui donne tout de même à voir quelques beaux paysages.

Viviane devant un paysage du Chianti

Village de Montefioralle
Le lendemain, nous voulions essayer l’une des sources thermales que l’on trouve au sud de Sienne ; idéalement, une source dont l’accès est gratuit… nous ne voulions pas payer cent euros par personne pour un spa de luxe ! Après des recherches sur Internet, Marie-Ève a trouvé les thermes de Petriolo ; moins beaux que ceux de Saturnia (les plus réputés), mais moins loin. Nous avons suivi les indications précises et exactes de Google Maps et, en une heure et quelque, nous étions sur place. Comment décrire l’endroit? C’est une petite rivière sur un lit de cailloux, au bord de laquelle se trouve une source thermale. En d’autres mots, ce sont des eaux sulfureuses, donc plus chaudes que la température du corps et dégageant un intense parfum d’œufs pourris. L’installation est un peu « broche à foin », comme on dit : un vulgaire tuyau blanc déverse l’eau chaude dans la rivière, et un muret de grosses pierres, à peine plus haut que le niveau de l’eau, a été aménagé pour contenir l’eau chaude en une sorte de bassin. Une fois qu’on est assis dedans, l’eau nous monte au nombril. Comme c’est gratuit, les gens viennent en famille ou entre amis et apportent leur pique-nique. On se change sous notre serviette. Pas le gros luxe, mais très convivial. Des gens nous ont montré comment frotter ensemble deux pierres d’argile durcie, pour en tirer une espèce de boue que l’on s’applique sur le visage. Quand on se sent surchauffer, on va faire une saucette dans la rivière, dont l’eau claire est très froide.

Les bains de Petriolo
Nous avons passé là un bon moment, puis nous avons emprunté une petite route de colline pour aller à Monticiano, autre village médiéval perché sur une éminence. Dans le village, nous nous sommes retrouvés, en voiture, dans une ruelle du 13e siècle (à peu près) qui avait une dénivellation d’environ 20% et qui aboutissait à un cul-de-sac. Disons que David a eu l’occasion de pratiquer encore et encore ses démarrages dans une côte ! Pour nous remettre de nos émotions, nous avons pris une collation dans un petit café dont le sympathique patron parlait cinq langues (dont le français) et connaissait des Italiens de Montréal ayant acheté un vignoble dans le coin... Ils travaillaient dans la construction avant… Nous avons eu envie de demander s’ils s’appelaient Catania ou Accurso, mais bon, nous ne sommes pas allés si loin pour entendre parler des mêmes histoires que chez nous.

Enfin, nous nous sommes rendus à l’abbaye de San Galgano, où l’on peut encore observer l’épée que le saint, alors qu’il était chevalier, a plantée dans une roche pour montrer qu’il renonçait à sa vie de combats. Ça se passait au 12e siècle. On peut visiter les ruines majestueuses d’une église, dont subsistent tous les murs, mais pas le toit. Mais nous étions épuisés par notre bain thermal, aussi nous sommes rentrés à la maison pour prendre un bon repos.
L'abbaye de San Galgano

Vue "gothique" de l'abbaye

1 commentaire:

  1. Extrêmement intéressant comme toutes vos communications sur lesquelles j'ai mis un e veille. Donne le goût d'y aller. Au plaisir de vous revoir. Bonne fin de voyage à vous.
    Jean-Marie

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