Comme nous sommes ici pour plus de deux mois, nous essayons d’adopter un rythme ralenti, histoire de ne pas nous épuiser inutilement et aussi de nous garder des choses à voir pour tout le temps de notre séjour. Nous faisons ainsi une demi-journée de visite par jour, parfois même un jour sur deux. C’est un privilège de pouvoir ainsi vivre une vie quotidienne dans une ville où généralement les touristes s’épuisent à en voir le plus possible, le plus vite possible.
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| Notre appartement |
Julien Gracq, dans son livre sur Rome et sur l’Italie (
Autour des sept collines), compare les villes toscanes à des poings serrés. La métaphore est très juste pour Florence : les bâtiments y sont si tassés que le centre historique se parcourt rapidement (disons vingt minutes à pied du nord au sud et de l’est à l’ouest), mais que chaque artère offre des tours médiévales, des églises gothiques et des
palazzi renaissants, tous magnifiques. Sans compter les boutiques de vêtements griffés, de gants, de bottes, de porcelaines, de papier artisanal, etc., dont les vitrines exercent un attrait presque invincible. C’est un urbanisme auquel on n’est pas habitué en Amérique ; et même, personnellement, nous avons vu peu de villes en Europe où les bâtiments étaient aussi serrés les uns sur les autres, au point que la lumière du jour rejoint difficilement les rues et n’entre à peu près jamais dans notre appartement (nous sommes au premier étage). Et les bruits résonnent beaucoup dans ces rues à peine plus larges qu’un salon : conversations, orchestre de jazz, chariots des vendeurs de ceintures et de foulards arrivant du marché.
Nous avons eu le temps de voir quelques sites touristiques à Florence. Celui que nous connaissons le mieux est le Ponte Vecchio, que nous traversons chaque jour pour aller faire les courses. C’est le seul pont de Florence n’ayant pas été détruit par les troupes allemandes durant la Seconde Guerre. Depuis le 16e siècle, les bouchers (qui utilisaient l’Arno qui coule en dessous comme égout à ciel ouvert) ont été remplacés par des joailliers, toujours présents. C’est hors de prix, mais agréable à regarder. Orian et Viviane aiment toujours s’arrêter au milieu du pont et regarder le paysage, d’un côté ou de l’autre : le fleuve avec les vieux bâtiments de chaque côté.
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| Vue du Ponte Vecchio |
Nous sommes allés quelques fois sur la piazza del Duomo, la place devant la cathédrale. Trois bâtiments s’y trouvent : la cathédrale elle-même, le Baptistère en face, et le Campanile à côté. Tous datent en gros de la même époque (13e-14e siècles) et se caractérisent par un style décoratif très particulier, le style roman florentin : une sorte de marqueterie de motifs géométriques en marbre tricolore (blanc, vert et rose). Style un peu déstabilisant au premier coup d’œil, mais très attachant passé le premier choc. Nous avons monté l’escalier du Campanile (414 marches), au sommet duquel on a une vue splendide sur la ville et sur l’immense coupole de la cathédrale, juste à côté. L’intérieur du Baptistère, bâtiment de forme octogonale, est remarquable pour ses mosaïques de style byzantin : figures hiératiques sur fond or.
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| Vue de la cathédrale depuis le Campanile |
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| Coupole du Baptistère |
L’autre place que nous aimons est la piazza della Signoria, à quelques coins de rue de la cathédrale. Elle est vaste (c’est d’ailleurs l’un des endroits de Florence où il est le plus facile de prendre du soleil) et sert de lieu de rassemblement pour la population de Florence depuis le Moyen Âge. On y trouve une grande loggia (sorte de salle ouverte sur l’extérieur, dont les murs sont remplacés par des arches posées sur des colonnes) remplie de statues, la plupart antiques. Elle constitue un magnifique musée à aire ouverte, où l’on peut déambuler en mangeant sa crème glacée. On peut y voir entre autres deux statues de la Renaissance, l’une très énergique de Giambologna représentant le combat d’Hercule contre un centaure et l’autre triomphante de Benvenuto Cellini représentant Persée qui brandit la tête de Méduse, dégoulinante de sang figé en bronze. Orian et Viviane en ont plus qu’assez de « voir des bizounes », comme ils disent.
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| Loggia della Signoria |
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| Persée (Benvenuto Cellini) |
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| Hercule et le Centaure (Giambologna) |
Sur la piazza della Signoria se trouve le Palazzo Vecchio, hôtel de ville au Moyen Âge, devenu palais familial sous les Médicis. L’édifice est trapu, une sorte de gros cube fortifié, surmonté d’une tour étroite. C’est l’un des musées marquants de Florence. On y trouve quantité de salles, certaines immenses, toutes très richement décorées. L’une des pièces les plus remarquables est la petite chapelle d’Éléonore de Tolède (épouse de Cosme 1er de Médicis), contenant des fresques de Bronzino, peintre maniériste (fin du 16e siècle) remarquable pour la grâce de ses personnages et son choix de couleurs (souvent claires, comme des roses ou des verts acides).
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| Orian et Viviane devant le Palazzo Vecchio (Orian trouvait que ça sentait mauvais) |
Merci pour la petite visite! Viviane semble ressembler beaucoup à sa maman, d'après la seule photo où on la voit un peu! Belle photo du ponte Vecchio. Bonne suite de séjour! Annie
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